Le carême est-il un exploit à accomplir ?
Quarante jours, dix heures, quarante-cinq minutes et cinquante secondes…
C’est le temps qu’il a fallu à Thomas Coville et à son équipage pour boucler un tour du monde à la voile et remporter le Trophée Jules Verne. *
Un exploit, sans aucun doute.
Quarante jours : c’est aussi le temps qui s’ouvre devant nous aujourd’hui.
Une aventure commence, non pas sur les océans, mais sur les chemins qui mènent à Jérusalem, au Golgotha, jusqu’au Jardin de la Résurrection.
Cette aventure se vit en équipage : en Église, au cœur d’une communauté de croyants qui se met à l’écoute de la Parole de Dieu.
Mais elle se vit aussi à l’intime, dans ce lieu secret qu’est notre cœur.
En ce premier jour du carême, nous sommes appelés à devenir des hommes et des femmes d’intérieur.
Des êtres capables d’entretenir, au plus intime de leur vie, une relation vraie, humble et joyeuse avec Dieu.
Tout devient simple lorsque nous n’avons plus besoin de briller par des exploits ou d’attirer les projecteurs sur nos œuvres.
Le carême n’est donc pas un défi sportif ni une performance spirituelle.
Il s’agit d’entrer en relation avec Dieu, Père, Fils et Esprit-Saint.
Le Père, nous dit Jésus, a le regard clairvoyant.
Il discerne en nous ce qu’il y a de plus beau, de plus grand.
Il est le seul à connaître et à croire à la bonté première de nos actes.
Il est le seul à offrir la vraie récompense : devenir semblables à Lui.
Alors notre aumône devient humble.
Nous devenons bons comme Il est bon, et nous donnons ce que nous recevons de sa main.
Tout s’illumine en nous et tout devient joie…
Mais c’est en secret.
*Nous n’oublions pas le formidable exploit d’Alexia Barrier et ses co-navigatrices qui ont bouclé leur tour du monde en 57 jours et 21 heures.
